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Les Semences du Réveil
Quelques Lumières sur la Nécessité de Se Préparer au Réveil d'après les Ecrits de Frank Bartlemen
Par David Smithers
Méditant sur les problèmes du Réveil de 1904 au Pays de Galles, Evan Roberts écrivait : "L'erreur a été de devenir préoccupé des effets du réveil et de ne pas veiller et prier pour protéger la cause du réveil." Il se pourrait bien que le succès durable de la prochaine œuvre de Dieu dépende de notre bonne volonté de prendre au sérieux l'avertissement de Monsieur Roberts ! Il y en a beaucoup aujourd'hui qui recherchent stupidement les effets du réveil tout en négligeant les conditions du réveil. Aucune moisson n'est jamais plus grande que les semences et le sol sur lequel elles ont été semées. Négliger les semences du réveil équivaut en définitive à nuire au fruit du réveil. Une riche source d'enseignement à ce sujet peut être trouvée dans les écrits de Frank Bartlemen. Monsieur Bartlemen participa de façon active au Réveil d'Azuza Street de 1906. Bien que je ne puisse pas approuver toutes les doctrines et opinions de Monsieur Bartlemen, ce serait pure folie que d'ignorer sa véritable perspicacité spirituelle.
Contrairement à beaucoup d'historiens de l'Eglise, Bartlemen s'intéressait minutieusement à chaque étape de préparation du peuple de Dieu au réveil, que le Saint-Esprit suscitait. En fait, il écrivit plus sur le sujet de la préparation de l'Eglise au réveil que sur celui du réveil lui-même. Doué et actif dans l'intercession, il était conscient de la venue d'un réveil à Los Angeles bien longtemps avant beaucoup d'autres. Parce que Bartlemen veillait et priait, il fut capable de suivre précisément les traces des mouvements préliminaires du Saint-Esprit parmi les églises de Los Angeles. C'est ce type d'observations qui rend les écrits de Bartlemen si riches et prophétiques pour notre génération qui se trouve dans un si grand besoin. Indéniablement, le réveil est une œuvre miraculeuse de Dieu, MAIS le véritable réveil ne vient jamais sans la préparation et la participation d'un reste parmi le peuple de Dieu. Oh ! comme l'Eglise a besoin de redécouvrir les principes immuables du réveil ! Il est grand temps qu'une nouvelle vague de jeunes pionniers se lève pour coopérer avec le Saint-Esprit dans le processus du réveil. Il est temps pour nous de labourer la jachère de notre terre, et d'entretenir avec soin les semences fertiles du réveil. Parcourons maintenant les écrits et les notes personnelles de Monsieur Bartlemen, et laissons-le identifier pour nous ces précieuses semences.
Pratiquement un an avant le Réveil d'Azuza Street, dans un article destiné au journal God's Revivalist ("Le Revivaliste de Dieu"), Frank Bartlemen appelait instamment l'Eglise à se préparer à une puissante visitation. Il écrivait: "La chrétienté est en train de grandir dans une attitude d'attente, le grand préalable à une visitation de Dieu. Le Seigneur est en train de Se choisir Ses ouvriers, la chance frappe à notre porte. Il est temps de réaliser la vision du service, nous ne pouvons pas nous permettre de rater la bénédiction et la récompense qu'Il désire pour nous. Il se peut que ce soit notre dernière grande opportunité de gagner des âmes pour le ciel. Oh ! quel privilège ! Quelle responsabilité !"
Plus tard, Bartlemen notait dans son autobiographie ("My Story : The Latter Rain" - Mon Histoire : La Pluie de l'Arrière-Saison) qu'un grand nombre de chrétiens avaient raté l'effusion d'Azuza à cause de leur manque de désir de chercher un réveil selon les conditions de Dieu. Il écrivait : "Pendant les mois précédant la Pentecôte, l'Esprit recherchait constamment un groupe d'hommes et de femmes par lequel Il pourrait Se manifester et rassembler le peuple. Il utilisa une grande variété de moyens et d'instruments, autant qu'Il pouvait. Après que le Saint-Esprit eut fait plusieurs tentatives désespérées, et qu'un certain nombre de personnes eurent passé à côté de Lui, Il réussit finalement avec un corps faible et grossier. Il y aurait peu d'éloge à faire à ce dernier, si ce n'est que ce corps s'abandonna à Dieu avec désespoir et une foi d'enfant. Mais ceci était la conditions requise pour le démarrage de l'œuvre."
Le 22 décembre 1904, Frank Bartlemen, sa femme et deux de leurs filles vinrent s'installer à Los Angeles. Il eut l'impression inexplicable que Dieu était sur le point d'accomplir quelque chose de merveilleux dans les environs de Los Angeles. Pendant des mois, il parcourait la ville, visitant plusieurs missions de Sainteté, où il prêchait. Pendant cette période, il rentra aussi dans une dimension plus profonde de la prière et de l'intercession. Il avait correspondu avec Evan Roberts et reçu de lui un encouragement à prier en vue d'un puissant réveil en Californie. Très vite, Bartlemen commençait à expérimenter de plus en plus des périodes d'intense prière d'enfantement. Après une visite à l'église baptiste de Joseph Smale, Bartlemen fut grandement encouragé d'y trouver quelques bribes de ce pour quoi il avait prié. Bartlemen écrivit : "17 juin 1905 : Je me suis rendu à Los Angeles pour assister à une réunion à l'église First Baptist Church. Ils s'attendaient à Dieu en vue d'une effusion du Saint-Esprit dans leur église. Leur pasteur, Joseph Smale, venait juste de rentrer du Pays de Galles. Il avait été en contact avec le réveil et Evan Roberts, et était bouillant du désir de voir la même visitation et la même bénédiction venir dans sa propre église à Los Angeles."
A son retour à Los Angeles, Joseph Smale organisa rapidement son église en petits groupes de prière dans les maisons. Il encourageait aussi ses ouailles à rechercher le rétablissement des dons apostoliques accordés à l'Eglise. Les réunions de prière durèrent quinze semaines et presque immédiatement produisirent un profond sentiment de besoin et d'attente d'un réveil. Bartlemen décrit les réunions ainsi : "(Le pasteur Smale) démarra des réunions de prières dans son église afin de supplier Dieu de répandre l'Esprit de la même façon qu'au Pays de Galles. Dieu l'avait merveilleusement oint pour exhorter le peuple. Il était rempli de foi pour des choses puissantes. Ces réunions de prière avaient lieu pendant un certain nombre de semaines, et il y avait beaucoup d'adoration spontanée et quelques merveilleuses guérisons. La foi de voir des choses extraordinaires croissait rapidement. Dieu avait fait du Pasteur Smale un Moïse qui nous conduisait jusqu'à la terre promise. Mais très vite, les gens distingués de l'Eglise ne pouvaient plus tolérer le nouvel ordre spontané. Ils ordonnèrent qu'il cessât, ou alors que le pasteur démissionnât. Par voie de conséquence, le pasteur décida en toute sagesse d'aller de l'avant avec Dieu, et le Seigneur ainsi que le peuple l'accompagnèrent. Le nuage se déplaçait. Une Eglise néo-testamentaire était formée. Là, Dieu avait dirigé les choses et déversé Sa bénédiction d'une façon merveilleuse, jusqu'au printemps de l'année 1906."
Il est triste de voir que la liberté dans la prière et l'adoration que Joseph Smale avait encouragée ne fut pas acceptée, en fin de compte, par certains de ses collègues baptistes. Un des premiers signes de cette opposition se voyait dans leur attaque ouverte contre l'Esprit de prière. Bartlemen décrit une de ces occasions : "Un jour, à l'église du pasteur Smale, je gémissais dans la prière sur la chaire. L'Esprit d'intercession était sur moi. Un frère me réprimanda sévèrement. Il ne comprenait pas cela. La chair naturellement se retient d'expériences semblables. Dans beaucoup d'églises, les gémissements ne sont pas plus populaires que les douleurs de l'enfantement d'une femme dans une maison. L'enfantement de l'âme n'est pas une compagnie plaisante pour des gens égoïstes qui vivent dans le monde matériel. Mais nous ne pouvons pas enfanter des âmes sans l'enfantement de l'âme. A notre époque, donner naissance à un enfant est tout sauf un exercice populaire. Il en est de même pour un véritable réveil donnant naissance à de nouvelles âmes dans les églises. Les gens fuient les cris de douleur d'une femme en travail, sur le point d'accoucher. De façon semblable, l'Eglise ne désire pas les gémissements aujourd'hui. Elle est trop affairée à s'amuser."
Bartlemen commente de nouveau le manque de désir chez des collègues baptistes du pasteur Smale, de voir un réveil : "Je me rendis à l'église de Smale ce soir-là, et il avait démissionné. Les réunions avaient eu lieu tous les jours dans l'église First Baptist Church pendant quinze semaines. On était maintenant en septembre. Les responsables de l'église étaient fatigués des innovations et voulaient retourner au bon vieil ordre. Ils avaient dit au pasteur soit d'arrêter le réveil, soit de partir. Il avait choisi sagement la dernière solution. Mais quelle affreuse situation pour une église que de mettre Dieu à la porte! De la même façon, quelques années plus tard, au Pays de Galles, ils chassèrent l'Esprit de Dieu hors des églises. Ils étaient fatigués de Sa présence, et désiraient retourner au vieil ordre, froid et ecclésiastique. Combien les hommes sont aveugles ! Les membres les plus spirituels de l'église du pasteur Smale le suivirent naturellement, avec un noyau composé d'autres ouvriers qui s'étaient joints à lui venant d'autres sources, pendant le réveil. Ils envisagèrent immédiatement d'organiser une nouvelle église du Nouveau Testament… "