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Obstacles Collectifs au Réveil
Par G. Richard Blackaby
Aujourd’hui, un nombre sans précédent d’églises prient pour un réveil. Elles organisent des " réunions de réveil " et des " conférences de renouveau " dans l’espoir que celles-ci hâteront la venue du Saint-Esprit en puissance. Néanmoins, malgré ces efforts sincères, beaucoup d’églises ont permis à une théologie anti-biblique ainsi qu’à des pratiques séculaires de pénétrer dans leur vie collective. Ainsi faisant, elles font obstruction à l’œuvre même de Dieu pour laquelle elles sont en train de prier. Beaucoup de pratiques sont acceptées sans jugement dans les églises et émoussent les membres au lieu de les rendre sensibles à la voix de Dieu. Ce qui suit résume quelques uns des obstacles collectifs au réveil.
Une terminologie erronée
Un mouvement de Dieu parmi Son peuple est caractérisé par une profonde conscience du péché. La repentance par rapport au péché et le réveil sont inséparables. Dans beaucoup d’églises cependant, des pratiques entachées de péché sont renommées et reclassifiées. Ainsi, quand un membre de l’église commet un adultère, on dira de lui qu’il est " pris dans une liaison ". Le pécheur peut être dépeint comme la victime d’un emploi du temps écrasant ou d’une épouse peu compréhensive. Une terminologie comme celle qui consiste à dire " avoir une liaison amoureuse " dévie subtilement le blâme du pécheur. Au lieu de se cacher derrière des termes moins offensifs, les chrétiens doivent être encouragés à confesser leurs péchés et à en accepter la responsabilité. Un autre ajustement qui a lieu au niveau de la terminologie est de rebaptiser le péché en termes tels que " faiblesse ", " mauvaise habitude " ou "dépendance ". Plutôt que de dire qu’un chrétien commet le péché de la luxure, on dira qu’il vit dans la dépendance à la pornographie. Quoique la pratique régulière d’un péché puisse devenir une dépendance et un asservissement, sa racine se trouve dans le péché. La société s’apitoie sur le sort d’un homme vivant dans une dépendance, Dieu, Lui, juge le péché. Un homme qui vit dans une dépendance engendre de la sympathie pour sa condition, alors que la communauté sait que le péché ne doit pas être toléré. La société encourage les gens soumis à une dépendance à chercher une thérapie, mais pas nécessairement à se repentir. En permettant à des définitions mondaines du péché de se faufiler dans le vocabulaire de l’Eglise, les églises, par inadvertance, désensibilisent leurs membres vis-à-vis de la honteuse réalité du péché au milieu d’elles et du besoin crucial de repentance. Si les églises n’identifient pas clairement le péché pour ce qu’il est, leurs membres ne peuvent pas réagir correctement face à leur condition.
Des appels erronés
Les églises peuvent aussi inciter inconsciemment leurs membres à agir d’une manière anti-biblique. Les églises lancent souvent des appels à venir à l’autel où les personnes qui n’ont pas marché dans une communion d’obéissance à Dieu sont invitées à " redédier " leurs vies à Dieu et à Sa volonté. Dans ce procédé, les gens ont la possibilité de s’avancer dans l’église pour reconnaître qu’ils ont désobéi par rapport à la volonté de Dieu. Ils peuvent réaffirmer leur désir de se consacrer tout à nouveau à Dieu pour Lui obéir. Souvent, des membres de l’assemblée sont invités à venir pour encourager celui qui a exprimé son désir d’essayer de plus belle d’obéir à Dieu. Le problème avec cette méthode est qu’elle n’est pas biblique. Le point crucial du message de l’Evangile n’est pas un appel à la reconsécration, mais un appel à la repentance. Jean-Baptiste a prêché la repentance (Matthieu 3:2). Jésus a prêché la repentance, tant pendant Son ministère terrestre qu’en tant que Seigneur ressuscité (Matthieu 4:7; Apocalypse 3:19). Si pour un chrétien un engagement précédent ne l’a pas gardé dans une marche dans l’obéissance, il y a de fortes chances qu’un nouvel engagement ne le rende pas fidèle non plus. La réponse correcte à la désobéissance n’est pas un engagement à essayer avec un effort décuplé, mais un esprit brisé et la repentance par rapport à son rejet de la volonté du Dieu Tout-Puissant. Dieu demande un entier abandon à Sa volonté et non un engagement à l’accomplir. Plutôt que de demander à leurs membres de promettre de façon répétée d’essayer avec plus d’effort, les églises doivent les appeler à se repentir devant le Dieu saint.
Une fausse compassion
Beaucoup d’églises se sentent mal à l’aise face au brisement spirituel et à la repentance. Quand le Saint-Esprit travaille dans la vie des gens, les convainquant de péché, les églises ne savent souvent pas comment réagir. Nous sommes mal à l’aise devant les larmes d’un pécheur et l’angoisse qu’il éprouve sous la conviction de l’Esprit. Plutôt que de permettre aux personnes de répondre à ce que Dieu est en train de leur dire, nous cherchons souvent à intervenir immédiatement. Nous essayons de réconforter celui que Dieu est en train de rendre mal à l’aise !
Des priorités mal placées
La structure d’un culte peut aller à l’encontre du travail de l’Esprit. S’efforcer de terminer la réunion " à temps " peut ne laisser que peu d’occasions aux gens de répondre à ce que Dieu leur a dit. Annoncer brutalement la fin de la réunion dans le but de faire les annonces pour un dîner commun d’église ou une réunion du conseil de l’église, peut complètement mettre fin au travail que Dieu a commencé pendant la réunion. Si les adorateurs sont précipitamment invités à quitter la salle afin de laisser la place à une autre réunion, ils ne disposent pas de beaucoup de temps pour se laisser sonder par l’effrayante Parole qu’ils viennent juste de recevoir de la part du Seigneur. La réalité d’un grand nombre de grandes églises ayant des réunions multiples est qu’elles doivent suivre un programme exigeant. La diffusion en direct des réunions par la radio ou la télévision peut nuire aux intérêts spirituels lorsque le culte ainsi retransmis est davantage dirigé par des préoccupations techniques. Le danger est qu’une puissante mouvance de Dieu dans une église ne puisse pas " tenir " dans l’ordre préétabli d’un culte !