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LES CONDITIONS INDISPENSABLES DU REVEIL (3)

Lorsque j'étais étudiant, à Toronto, ma seule arme dans les prisons et les bas-fonds que je visitais, était la Bible. En Chine, j'ai souvent fait trente-cinq à quarante allocutions par semaine, qui n'étaient, somme toute, que des paraphrases de la Parole de Dieu. Je puis affirmer que pendant mes quarante et un ans de ministère, je ne me suis jamais adressé à un auditoire de Chinois sans avoir la Bible ouverte devant moi; cela me permettait d'affirmer : "Ainsi dit l'Eternel". Croyant que la simple prédication de l'Evangile suffisait pour amener des âmes à Christ, j'ai toujours agi en conséquence. Je n'ai jamais été déçu. Mon collègue chinois, un des hommes les plus consacrés que j'aie jamais connus, fut sauvé d'une vie de péché et de vices par la première allocution sur l'Evangile qu'il m'entendit prononcer.

Ce que je regrette le plus, en atteignant mes soixante-dix ans, c'est de ne pas avoir consacré plus de temps à l'étude de la Bible. Cependant, en moins de dix-neuf ans, j'ai lu tout le Nouveau Testament chinois cinquante-cinq fois. Cet éminent professeur de la Bible, le docteur Campbell-Morgan, déclare qu'il n'a jamais osé professer sur un livre de la Bible, avant de l'avoir lu au moins cinquante fois.

Il y a quelques années, un Monsieur qui était .à la Convention de Keswick y prit un tel amour pour la BIble, qu'il la lut ensuite douze fois en trois ans. Vous pensez peut-être que c'était un homme de loisir? Nullement, c'était un ouvrier qui partait chaque matin à 5 h 30 pour son usine.

La Bible n'était pas aussi négligée qu'aujourd'hui, quand les grands Réveils de 1857-59 éclatèrent en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Elle n'était pas si abandonnée au temps de Moody. Les lettrés chinois, sous la dynastie mandchoue, devaient savoir par cœur leurs grands classiques. Comment les lettrés des pays soi-disant chrétiens traitent-ils le plus grand des classiques?

Il est tragique de voir combien peu les représentants du Seigneur Jésus en Chine connaissent Sa Parole. Il y a trente ans, l'idéal d'un missionnaire était de connaître assez sa Bible pour ne pas avoir besoin de transporter avec lui sa Concordance. L'indifférence pour la Parole de Dieu, que professent actuellement beaucoup de missionnaires, viendrait-elle de ce qu'ils ont découvert un meilleur moyen de répondre aux besoins spirituels d'un monde pécheur ?

Enfin, la grande raison du Réveil doit être le désir d'exalter dans nos cœurs Jésus-Christ comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Le Christ est pareil au Mont Everest, qui domine l'immense plaine. Si nous voulons qu'Il habite en nous, il faut qu'Il prenne toute la place. Toute idole doit être détruite; Isaac, le bien-aimé, doit être placé sur l'autel. Il faut refuser au moi jusqu'à la moindre satisfaction. C'est alors seulement que nous pourrons voir s'ouvrir devant nous les plus vastes horizons.

On raconte que Mahmoud, le grand conquérant mahométan, détruisit au fur et à mesure de ses victoires dans le nord de l'Inde, toutes les idoles qu'il rencontrait sur son chemin. Il arriva dans la ville de Guggeratt, qui contenait une idole vénérée tout spécialement par les habitants. Les notables vinrent trouver le vainqueur et le supplièrent d'épargner au moins ce dieu-là. Ils lui abandonnaient tous les autres, mais si Mahmoud détruisait celui-là, ils préféraient mourir!

Ils plaidèrent leur cause avec une telle intensité que, pendant un instant, le cœur du général fléchit. Il lui semblait par trop cruel de priver ces pauvres gens de ce qu'ils aimaient mieux que la vie; mais il se souvint qu'il avait fait serment de détruire toutes les idoles. La volonté d'Allah était absolue. Il se fit apporter un marteau, et d'un coup terrible fendit l'idole en deux. A sa stupéfaction, il en sortit tout un flot de bijoux et de pierres précieuses. Les habitants de la ville en avaient fait une cachette, et ils espéraient que le vainqueur, en leur laissant l'idole, leur permettrait, à son insu, de sauver leurs richesses. Voyez la perte qu'aurait subie le vainqueur, s'il l'avait épargnée!

Y eut-il jamais une occasion pareille à celle qui fut donnée aux conducteurs spirituels de nos Eglises, à la conférence d'Edimbourg en 1910, d'abandonner leurs idoles ecclésiastiques et d'entrer en contact avec les richesses insondables du Christ? Il n'y a jamais eu dans les temps modernes, une réunion ecclésiastique qui ait suscité plus d'espoirs. Des leaders religieux étaient venus de toutes les parties du monde. Plusieurs espéraient qu'une ère nouvelle allait s'ouvrir pour les Missions. Le sujet du dernier jour était : "La Base de l'arrière (The Home Base". Ce sujet faisait naître la vision de magnifiques possibilités. Les Eglises des pays chrétiens, fortifiées par le Saint-Esprit, allaient envoyer des hommes qualifiés comme Paul et Barnabas. Avec de telles énormes ressources en argent et en vocations, le monde allait être évangélisé au cours d'une génération.

Hélas! ce n'était qu'un rêve. Je n'ai jamais éprouvé une plus vive déception que ce jour-là! De tous ceux qui parlèrent à cette grande réunion, trois seulement mirent l'accent sur le Saint-Esprit comme étant le grand facteur de l'évangélisation du monde. A écouter les discours prononcés ce jour-là, on était obligé de conclure, que pour donner l'Evangile aux païens, il suffisait d'avoir une meilleure organisation, des moyens matériels plus perfectionnés, un plus grand nombre de vocations masculines et féminines. Il y avait pourtant des symptômes, dans cette assemblée, qui faisaient prévoir que quelques étincelles de plus auraient suffi pour produire une explosion. Mais non! Il en aurait trop coûté de mettre à bas l'idole ecclésiastique!

Frères, l'Esprit de Dieu est toujours avec nous. La Pentecôte est à notre portée. Si le Réveil nous est refusé, c'est qu'une idole est encore adorée en cachette; c'est que nous mettons notre confiance dans les plans humains. Nous nous refusons à croire cette vérité immuable : "Ce n'est ni par la puissance, ni par la force, mais c'est par MON ESPRIT, dit l'ETERNEL DES ARMEES" (Zacharie 4/6).

Référence: Par Mon Esprit, Jonathan Goforth - Editions Viens et Vois

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