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TEMOIGNAGE DE TRICIA TILLIN (2)

Copeland nous parle de la "mort spirituelle de Jésus".

Le vendredi soir, Copeland décida de nous enseigner une "révélation nouvelle" tirée de la Parole de Dieu. Il est sûr que c'était nouveau pour moi. J'étais ravie d'être introduite dans ce nouveau domaine, mais, en même temps, très étonnée de n'avoir jamais été conduite par le Saint-Esprit dans tout ce que Copeland nous expliquait, alors que j'étais Chrétienne depuis vingt ans. Car il nous expliquait que Jésus avait dû passer par la mort spirituelle ! Oui, Copeland avait bien décidé de nous enseigner cette doctrine !

Cet enseignement commençait à être l'un des plus connus du Mouvement de la Parole de Foi, mais je ne le connaissais pas. Cette doctrine enseigne que la mort physique de Jésus, et le fait qu'Il ait versé Son sang sur la croix, n'étaient pas suffisants pour accomplir l'expiation du péché de l'humanité. Mais il fallait que Jésus prenne sur lui la nature spirituelle de l'homme déchu, qu'Il passe par la mort spirituelle dans Son Esprit, et qu'Il soit torturé en Enfer pendant trois jours et trois nuits, avant que le Père ne Le libère, pour faire de Lui le premier-né d'entre les morts.

Je suivis les arguments de Copeland, et je pris des notes dans ma Bible. Cette doctrine me semblait plausible, tout au moins en partie, mais j'étais préoccupée par la manière dont Copeland maniait les Ecritures. Il avait fondé cette doctrine importante sur le passage suivant :

"Car auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit : Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui ? Et encore : je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils ?" (Hébreux 1 :5).

Si je me souviens bien, son argument était le suivant : Jésus était le Fils de l'Homme, né d'une vierge ; mais il avait été engendré de Dieu quand le Père L'avait libéré de l'Enfer. Jésus serait donc né de nouveau. Il serait passé par une première naissance, en tant que Fils de l'Homme, et par une nouvelle naissance spirituelle, en tant que Fils de Dieu, lorsque le Père L'avait sorti de l'Enfer.

L'interprétation que Copeland faisait de ce passage consistait à déplacer le mot "encore", pour lui faire dire : "Je serai pour lui encore un père", au lieu de : "Et encore : je serai pour lui un père".

Je savais quand même quelque chose de la construction grammaticale des phrases ! "Et encore" ne signifiait absolument pas que Jésus avait dû naître de nouveau ! C'est une simple tournure utilisée pour relier deux phrases similaires. Vous pouvez voir la même tournure utilisée par exemple dans Romains 15 :10-12.

Toutes ces choses me laissaient perplexe. Plus tard, j'ai compris que j'ai fait alors ce que la plupart des gens font dans une situation semblable : se mentir à soi-même ! Chaque fois que quelque chose venait troubler la belle image que je m'étais constuite de Copeland, je prenais la défense de mon héros ! J'avais couvert ses fausses prophéties et ses erreurs scripturaires. J'avais excusé son manque de discernement spirituel. Tout cela parce que je voulais croire en lui. En fait, je n'écoutais pas réellement ce que les Copeland disaient. Je réajustais dans mes pensées tout ce que j'entendais, pour le transformer en quelque chose de "bibliquement correct".

Je me rends compte de l'arrogance et de l'orgueil.

J'entendis aussi ce soir-là quelque chose qui me choqua profondément. A cette époque, Jerry Savelle était le protégé de Kenneth Copeland. Il voyageait avec lui, et je crois bien qu'il était là ce même soir (à moins que je l'aie entendu au cours d'une réunion précédente). Savelle se vantait de son ministère. Il nous racontait tous les voyages qu'il faisait dans le monde, en particulier dans des pays du Tiers-Monde. Il nous dit que ces voyages représentaient pour lui un réel sacrifice. Il nous expliqua que cela ne lui était pas facile d'exercer son ministère dans ces pays pauvres : "Je veux dire, je leur ai donné à nettoyer un costume en soie qui avait coûté mille dollars, et ils me l'ont massacré ! Ils ne savent même pas nettoyer les beaux vêtements dans ces pays !"

Je n'en croyais pas mes oreilles ! Mais, là encore, je décidai de pardonner et d'oublier ce qu'il avait dit.

Chaque soir, il y avait un long appel pour des offrandes, et chaque fois nous donnions quelque chose. Ce dernier soir, il nous semblait que nous devions faire un geste tout particulier, et "planter une semence" financière dans la foi. Nous venions justement d'entendre un petit discours sur la nécessité de semer dans la foi, comme d'habitude. Aussi, nous décidâmes de donner une grosse somme d'argent. Il s'agissait de 50 livres. A cette époque, c'était une grosse somme pour nous. Comme d'habitude, nous n'avions pas l'argent sur notre compte bancaire, mais nous devions agir "par la foi", n'est-ce pas ? Jon rédigea donc un chèque et le mit dans le panier. Pour nous, cela représentait un sacrifice très dur. Mais nous l'avons fait par amour, dans l'obéissance, et dans le désir de soutenir le ministère de Copeland.

Quand tout fut fini, les Copeland s'éclipsèrent.

On ne pouvait pas les approcher !

Je voudrais tout d'abord expliquer la conception que nous avions du ministère à cette époque. Comme beaucoup d'autres Chrétiens anglais, nous avions fait l'expérience du renouveau charismatique grâce à des ministères de type Pentecôtiste, souvent exercés par des hommes qui n'étaient pas des pasteurs patentés. Nous avions participé à des conférences dans les années 70, dont certaines s'étaient déroulées dans des camps de vacances. Nous vivions dans des petits chalets, et tout le monde mangeait assis sur des bancs autour de grandes tables. L'équipe des responsables ne faisait pas bande à part. Ces derniers se mêlaient facilement à nous, et l'on pouvait bavarder avec eux comme avec tout le monde.

Après les réunions du soir, tous les responsables restaient avec nous, et l'on pouvait leur parler, prier pour une guérison, demander un conseil, ou exposer un besoin. C'étaient des serviteurs de Dieu, et ils se rendaient disponibles pour aider les gens et prier avec eux.

En revanche, à la fin de toutes les réunions des Copeland, les "personnalités importantes", comme Kenneth et Gloria Copeland, Jerry Savelle ou d'autres responsables, s'éclipsaient derrière les rideaux de l'estrade, et disparaissaient. Ils ne se mêlaient pas à la foule, et ne s'arrêtaient jamais pour bavarder avec quelqu'un. Ils étaient au-dessus de ces choses !

Jon et moi, nous nous sommes frayé un chemin vers la sortie qui était à l'arrière. Notre chambre était située dans un bâtiment qui était derrière l'auditorium. Nous empruntions donc toujours cette sortie. Il y avait là une grande porte pour le commun des mortels, et une petite porte réservée aux "personnages importants", sans doute les stars qui voulaient échapper plus rapidement à leurs adorateurs.

Juste au moment où nous sortions par la grande porte, nous vîmes la petite porte s'ouvrir. Kenneth et Gloria Copeland, avec un couple d'autres responsables, sortirent dans la rue. Mon cœur se mit à battre ! Peut-être allions-nous pouvoir leur parler et partager avec eux nos espoirs d'un renouveau spirituel, ou leur dire ce que nous avions pensé de l'enseignement. Mais ils jetèrent un coup d'œil circulaire, sans même nous apercevoir, comme si nous n'existions pas, dans leur hâte à partir. Une grande limousine noire les attendait dans la rue, le moteur déjà en marche. Un chauffeur conduisait, prêt à démarrer. Nous savions déjà que les Copeland et leur équipe étaient descendus dans l'hôtel le plus cher de Brighton, qui nous semblait être un vrai palace.

Il faut que vous compreniez qu'en Grande-Bretagne, ces choses ne se font pas ! Ces limousines sont réservées à la famille royale, aux stars de la télévision, ou peut-être au Maire de Londres. Mais pas à des ministres de l'Evangile ! Pour qui se prenaient-ils ?

La voiture s'éloigna, en nous éclaboussant d'eau de pluie. Elle conduisait ses occupants dans le luxe d'un appartement chaud et bien éclairé. Ils évoluaient bien au-dessus de notre monde. Ils ne nous avaient même pas remarqués, nous qui étions là debout sous la pluie.

C'était une nuit sombre et froide. Nous avons relevé nos cols pour nous protéger de la pluie, et nous nous sommes dirigés vers notre petit réduit. Nous n'avions pas de voiture. Je dis à Jon : "Et c'est à ces gens-là que nous avons donné 50 livres !"

Cette phrase résumait tout ! Les écailles tombèrent de nos yeux. Nous pouvions voir les Copeland tels qu'ils étaient, et nous avons cessé de leur vouer un culte. Plus tard, quelqu'un me fit remarquer que les Copeland prêchaient la foi en la prospérité. Mais leur prospérité venait de nos dons et des vôtres ! Ils ne vivaient pas du tout par la foi. Ils vivaient sur le dos de pauvres gens comme nous !

Qui était responsable, Dieu, ou nous ?

Nous avions vu clair en ce qui concernait les Copeland. Mais nous continuions à croire en les enseignements de la Parole de foi, et à les pratiquer chaque jour. Ce fut à cette époque que nous achetâmes la série d'enseignements de Kenneth Hagin sur l'étude de la Bible. Il nous apprenait comment étudier chaque jour la Bible pour augmenter notre foi. Nous suivions fidèlement les enseignements de ce livre, une leçon par jour. Mais, à la longue, nous fûmes tous deux troublés. A mesure que nous absorbions tous ces enseignements sur la foi, il nous semblait que nous étions exclusivement centrés sur ce que nous devions faire, sur ce que nous pouvions réaliser, au lieu d'êtres centrés sur Jésus. Je me rappelle avoir dit à Jon : "En lisant ce livre, c'est comme si nous n'avions plus besoin de Jésus du tout !" Cela me troublait profondément.

Voici un court passage de ce livre, pour vous donner une idée :

"Voici les quatre étapes à suivre si nous voulons que nos prières soient exaucées :

  1.  

  2. Décidez ce que vous voulez obtenir de Dieu.
  3.  

  4. Cherchez dans la Bible les passages qui vous promettent ce dont vous avez besoin.
  5.  

  6. Demandez à Dieu ce dont vous avez besoin.
  7.  

  8. Croyez que vous l'avez reçu, et gardez une foi ferme, sans vous attacher aux circonstances. Ne doutez jamais, même une minute, que vous ayez été exaucé".

On nous promettait des exaucements garantis. Aucun échec ne devait survenir. Mais ce n'était pas ce que j'avais expérimenté. Puisque Dieu ne mentait jamais, et puisqu'Il avait promis de nous donner tout ce que nous dirions dans la prière, tout échec, selon Hagin, ne pouvait être dû qu'au fait que nous n'avions pas assez prononcé de paroles positives. En réalité, le fait de faire une confession négative, comme "j'ai attrapé un rhume", revenait à inviter le diable à nous attaquer, parce que nous "possédons ce que nous disons".

C'est aussi à cette époque que nous avons exposé à notre plus proche voisin la doctrine de la Foi. C'était une âme simple. Il prenait presque tout à la lettre. Un jour, je me rappelle qu'il est venu nous voir, tout troublé, pour nous dire qu'il avait fait une confession négative. Il nous dit qu'il priait pour une nouvelle voiture, car celle qu'il avait tombait en pièces détachées. Mais il croyait qu'il avait perdu toutes chances d'en avoir une autre, parce qu'il avait dit à sa femme qu'ils ne pouvaient pas se permettre d'acheter une nouvelle voiture. Il croyait donc avoir complètement ruiné toutes ses chances auprès de Dieu, parce qu'il avait prononcé une confession négative ! Il en était très déprimé. Il ne pouvait plus reprendre ses paroles, et il lui semblait qu'il avait perdu sa nouvelle voiture !

Cela semblait excessif, même à moi, mais c'était ce que nous lui avions appris ! Je me sentis responsable d'avoir créé un blocage spirituel dans la vie de ce jeune homme. Si Dieu voulait le bénir en lui donnant une nouvelle voiture, Il le ferait. Nous avions inculqué la crainte à ce jeune homme, pas la foi ! Son Dieu était devenu un personnage superficiel, qui Se laissait impressionner par une parole négative. Un moment d'inattention, et il avait perdu la bénédiction divine ! Du moins le croyait-il.

Même si je voyais bien qu'il s'agissait d'une parodie du message de la foi, je compris que tout ce système pouvait être fort mal compris, et représentait une pierre d'achoppement pour tous ceux qui n'étaient pas mûrs. Etait-ce cela la foi de la Bible, ou n'était-ce qu'un ensemble de doctrines et de règles que les gens devaient apprendre, pour que le système fonctionne bien, et qu'ils puissent atteindre les sommets de la victoire et de la bénédiction ? Etait-ce ce que Dieu voulait pour Son peuple ?

D'autres sujets d'inquiétude.

Nous avons continué à étudier le livre de Kenneth Hagin, mais nous nous sentions de plus en plus mal à l'aise. Nous nous demandions où était la place de Dieu dans tout cela. On ne parlait que de notre foi, et de la manière dont nous devions utiliser la Bible. Certains chapitres intitulés par exemple "Comment décrocher votre ticket auprès de Dieu", ou "Vous pouvez obtenir tout ce que vous dites", troublaient mon esprit. Non parce que je manquais de foi ou parce que j'étais liée par des dogmes religieux, mais parce que je savais que j'aimais Dieu par Jésus-Christ, et que je ne voyais pas Dieu ni Jésus de cette manière ? Ce n'étaient pas des êtres que l'on pouvait manipuler pour obtenir d'eux tout ce que nous voulions. J'avais bien plus de respect que cela pour le Tout-Puissant. En outre, mes propres expériences dans ma vie chrétienne m'avaient montré que nous n'obtenons pas tout ce que nous disons, même si nous le répétons continuellement avec foi ! Dieu vous aime trop pour vous donner certaines choses !

Nous étions également troublés par l'accent placé sur la prospérité dont devaient jouir tous les Chrétiens. Comprenez-moi bien. Je n'ai rien contre le principe que Dieu bénit Son Peuple et pourvoit à ses besoins, et je considère la prospérité comme une bénédiction de Dieu. Mais cette doctrine a été poussée à l'extrême. Hagin a écrit : "Dieu veut que Ses enfants mangent les meilleurs plats, portent les plus beaux habits, aient les plus belles voitures, et reçoivent le meilleur en toutes choses". Peut-être, dans un monde idéal ! Mais j'ai eu l'occasion d'aider des œuvres missionnaires ou humanitaires. Je sais, pour avoir consulté les documents que nous recevions, que beaucoup de Chrétiens bien-aimés et fidèles vivaient dans la pauvreté, et parfois dans la famine et le dénuement, jusqu'à en mourir. D'autres étaient jetés en prison pour leur foi. Est-ce que cela signifiait qu'ils étaient incapables d'exercer leur foi pour recevoir "le meilleur en toutes choses" ? Dieu ne voulait-Il donc bénir que les Chrétiens vivant dans les pays occidentaux riches ?

Dieu me parle, et soudain je comprends.

Je réfléchissais beaucoup à toutes ces choses. Vous savez, vous vous rappelez toujours où vous vous trouvez lorsque Dieu parle à votre cœur. Je me rappelle très précisément ce moment. Je me trouvais devant l'évier de ma cuisine. Je lavais quelque chose et je regardais dans le jardin par la fenêtre. Je pensais à tous les sujets qui me préoccupaient dans ce Mouvement de la Parole de Foi.

Soudain, tout s'éclaira, comme si Dieu parlait à mon cœur. Il eut une "conversation" avec moi sur tout cela, et me montra tout ce qui n'allait pas dans ces enseignements de ce mouvement. Dieu me montra que le plus important était de connaître Sa volonté, et de me soumettre à Sa volonté. Un adepte du Mouvement de la Parole de Foi ne doit jamais dire, par exemple  : "Si c'est Ta volonté", car c'est pire que jurer ! Il doit réclamer comme un droit les promesses de l'Ecriture, parce qu'elles nous appartiennent déjà en Jésus-Christ.

Hagin a écrit : "Si notre prière est en accord avec la Parole de Dieu, elle est en accord avec Sa volonté". Pas de problème avec cela ! Mais cela ne veut pas dire que Dieu n'a plus rien à voir avec les conditions de l'exaucement de ma prière ! Hagin va jusqu'à dire : "Dieu ne peut, ni ne veut, plus rien faire d'autre" : Il a déjà envoyé Jésus pour restaurer notre autorité, et Il a ôté la malédiction. C'est donc à nous seuls de savoir utiliser la Parole de Dieu, de croire et de réclamer les promesses.

Ainsi, l'idée essentielle est que Dieu n'a plus rien à faire dans l'exaucement de nos prières, si ce n'est confirmer nos confessions positives, qui libèrent les promesses déjà contenues dans la Parole. C'est le fait de proclamer les promesses qui libère la puissance de la foi pour manifester la bénédiction dans notre vie.

Je le répète : "Où est Dieu dans tout cela ?" N'importe qui pourrait apprendre cette technique, même un païen ! Mais Dieu m'a parlé ce matin-là. Il m'a parlé de Son amour, de Sa sollicitude pour chacun de nous, de Sa grandeur et de Sa connaissance. Il m'a montré qu'avoir la foi, c'était simplement Lui faire confiance, et non faire confiance à nos confessions, ou à notre capacité sans faille à garder nos pensées concentrées sur un objectif. Notre foi doit être en Lui, dans Sa bonté et dans Sa puissance, et pas en nous-mêmes, dans notre pénible mise en œuvre d'un système de paroles de foi. Notre foi doit être dans le Dieu de la Bible, et pas dans la Bible de Dieu seulement.

Si nous exigeons comme un droit toutes les promesses de la Bible, et si nous croyons que Dieu ne peut rien faire d'autre qu'obéir à nos exigences et nous bénir, cela signifie que c'est nous qui sommes devenus les maîtres de notre destinée. C'est nous qui décidons ce qui est bon pour nous, et ce que nous devons obtenir de Dieu. C'est nous qui prenons toutes les décisions concernant notre carrière, notre mariage, notre famille, nos finances, notre église, nos amis, tout ! C'est donc comme si nous étions devenus des dieux, et que le Dieu Tout-Puissant n'était plus qu'un simple serviteur. Les rôles sont renversés, et Dieu n'a plus rien à voir dans notre vie, si ce n'est manifester les promesses de l'Ecriture !

Je compris soudain à quel point une telle attitude méprisait la Personne de Dieu. Quand je m'étais tournée vers Lui, il y a des années, je m'étais soumise à Lui comme à mon Seigneur. J'avais reconnu que c'était Lui qui avait le droit de diriger le cours de ma vie, en toutes choses. Ma destinée était entre Ses mains, pas dans les miennes. En vérité, je n'avais aucune confiance dans les décisions que je pouvais prendre moi-même pour conduire ma vie, car j'ignorais ce qui était le meilleur pour moi. Alors que Dieu le savait.

Pouvais-je donc Lui faire confiance pour me guider, m'inspirer, me conduire dans la prière, et me bénir, selon Ses plans et de Sa volonté ? Si des choses désagréables m'arrivaient, pouvais-je les voir comme faisant partie du plan parfait de Dieu pour moi ? Ou devais-je demander uniquement ce que je considérais comme "le meilleur" pour moi, en considérant les défaites et les pertes comme des échecs de la foi ?

La prière était presque devenue un mantra pour moi ! Je passais constamment mon temps à "prendre autorité", à "prononcer des paroles de foi", à "exiger" telle ou telle chose, et à "chasser le doute". Mais Dieu n'intervenait plus dans ce processus ! Ce n'était plus de la prière, c'était l'emploi de formules ! Je n'avais plus de relation d'amour avec Dieu. Je perdais conscience de ma relation avec Jésus dans la prière, parce que ma prière était devenue un système d'exercices spirituels visant à obtenir ce que je voulais pour ma vie.

Je ne venais plus vers Dieu simplement pour passer un moment de communion avec Lui, ou pour savoir ce qu'Il voulait pour moi. Je L'avais complètement évincé, et remplacé par des paroles de foi, en exigeant qu'Il confirme les promesses de Sa Parole. On m'avait appris à "trouver une promesse" dans la Bible et à la tenir en permanence sous le nez du Seigneur jusqu'à ce qu'Il éternue ! Cela avait dressé un voile entre nous.

A présent, j'étais en train de redécouvrir le Père aimant et tendre que j'avais toujours connu auparavant. J'eus honte de L'avoir tenu à l'écart de ma vie !

J'avance dans la vérité.

Peu après cette expérience (en fait, six mois plus tard, en avril 1986), Dieu répondit à mon désir de m'occuper de ceux qui souffraient et qui vivaient dans la confusion, et Il m'appela à devenir une sentinelle. Ce fut la naissance tranquille de Banner Ministries. Par la grâce de Dieu, ce ministère a grandi jusqu'à être reconnu dans le monde entier comme dénonçant les séductions et les fausses doctrines, telles que celles de la Parole de Foi. Dieu savait ce qu'Il voulait faire de ma vie, et Il avait besoin de ma soumission à Sa volonté. Mais j'avais été égarée par les enseignements de ce mouvement.

J'ai réécouté les nombreuses cassettes que j'avais. Mais mes oreilles spirituelles étaient maintenant ouvertes, et j'ai compris que j'avais été induite en erreur. J'ai relu les Ecritures, et j'ai vu à quel point ces faux docteurs en avaient tordu le sens, pour leur faire dire ce qui n'avait jamais été dans la pensée de Dieu.

Qu'est-ce donc que la prospérité ?

Je citerai l'exemple de la prospérité, en rappelant le passage qui nous avait été donné lors de la conférence de Brighton, celui de 3 Jean 1 :2 : "Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l'état de ton âme". Ce passage nous avait été constamment cité pour nous prouver que Dieu voulait faire "prospérer" Son peuple, c'est-à-dire le rendre riche. La prospérité est un thème essentiel des enseignements de la Parole de Foi, et ce verset de Jean semblait central dans leur exposition de la doctrine de la prospérité.

Il leur a fallu pourtant tordre ce verset, car le mot "prospère" ne fait pas référence à la richesse, comme le montre la fin du verset : "comme prospère l'état de ton âme". Notre âme ne reçoit pas des richesses matérielles ou financières, mais elle peut devenir riche dans la foi. "Prospérer", dans les Ecritures, signifie "être aidé le long du chemin". Cela suggère une marche chrétienne réussie dans tous les domaines. Cela ne signifie nullement qu'un Chrétien doit être financièrement prospère !

Je réalisai que beaucoup de Chrétiens consacrés servaient Dieu et étaient en bénédiction aux autres, sans être nécessairement prospères financièrement. En réalité, très peu d'entre eux étaient réellement riches. La plupart des Chrétiens ont des combats sur le plan financier, comme les croyants de la Bible. Comment concilier l'enseignement sur la prospérité avec la vie des apôtres, qui ne possédaient rien ? Et avec la vie de Jésus, qui n'avait rien pour reposer Sa tête ? Comment ignorer tous les avertissements de l'Ecriture concernant le danger des richesses, et la prudence que nous devons garder vis-à-vis des possessions matérielles, qui pourraient devenir un piège ? Tout cela ne cadrait pas avec les enseignements sur la prospérité !

Peu à peu, toutes les choses auxquelles j'avais tellement tenu m'apparurent clairement comme des séductions. J'ai fini par remplir quatre cassettes audio de tous les exemples tirés du ministère de Kenneth Copeland, pour montrer qu'il était dans l'erreur. Ce furent les premières cassettes que j'offris sur la liste des cassettes de Banner Ministries. J'ai aussi photocopié des sections entières du magazine "The Voice of Victory" et d'autres sources, afin de prouver ce que Copeland enseignait en fait.

Pour prouver qu'il enseignait l'hérésie de la mort spirituelle de Jésus, j'ai scanné une lettre écrite par Kenneth Copeland, datée du 29 mars 1979, dans laquelle il s'efforçait de justifier ses enseignements concernant cette hérésie. Il écrit en particulier sur cette lettre : "Jésus n'a pas accompli l'expiation de nos péchés quand Il a versé Son sang sur la croix".

Que personne donc ne m'accuse de mentir à ce sujet ! La copie de cette lettre a été publiée. Elle est authentique.

Tout n'est pas mauvais dans les enseignements de la Parole de Foi.

Il est important pour moi de dire que je n'ai pas rejeté tout ce que j'ai appris dans ce mouvement. Quand on vous empoisonne, on ne vous donne jamais du poison pur, on le cache dans un bon plat ! Il y a beaucoup de bonnes choses dans les enseignements du mouvement de la Parole de Foi. Mais il y a aussi un poison qui peut vous tuer !

Il y a des vérités que je ne voudrais pas perdre, et je remercie le Seigneur de m'avoir appris à considérer la Bible avec une attitude positive, dans la foi. Il est important pour nous de louer le Seigneur et de confesser Sa Parole. Cela peut nous permettre de repousser les attaques du diable. Nous devons bannir les doutes de nos pensées. Nous devons croire que Dieu veut notre bien-être, et s'intéresse à notre santé. Il est vrai que nous avons la victoire en Jésus-Christ sur toutes les œuvres de l'ennemi. Nous devons refléter cette attitude de victoire dans notre vie de tous les jours.

Le fait de mémoriser les versets de l'Ecriture est également puissant pour notre édification. Il est important, en temps de besoin, de pouvoir nous rappeler la Parole de Dieu et la proclamer à haute voix. Cela peut être extrêmement bénéfique. La foi est nécessaire pour que nos prières soient exaucées, mais nous devons aussi connaître la volonté de Dieu. Nous ne devons pas nous soumettre passivement quand nous discernons que nous sommes attaqués par le diable. Mais nous devons tenir ferme dans la foi en la bonté et en la puissance de Dieu. Toutes ces choses sont bonnes et profitables. Je ne les ai pas rejetées.

Il faut toutefois bien reconnaître que les enseignements de la Parole de Foi vont bien au-delà de ces vérités bibliques fondamentales, vérités que nous pouvons d'ailleurs apprendre nous-mêmes dans la Bible, sans devenir adeptes du mouvement de la Parole de Foi.

Il suffit de voir dans quelles aberrations sont tombés Kenneth Copeland, Benny Hinn, John Avanzini, Kenneth Hagin, Jerry Savelle et bien d'autres, et de quelle manière ils ont accepté le Mouvement de Toronto, pour voir qu'ils ne se sont pas contentés d'enseigner la pure foi en la Bible. Ils ont conçu un système doctrinal sectaire qui pousse à la séduction, et qui lie les Chrétiens au lieu de les libérer.

Tous ces enseignements sur la mort spirituelle de Jésus, sur la prospérité, sur la nécessité d'avoir foi en notre foi, sur la foi qui est une force, sur la gloire à venir qui va nous transformer en puissante armée qui va conquérir les nations, tous ces enseignements vont au-delà de la doctrine biblique, et doivent être rejetés.

Quand j'ai étudié les origines de ce mouvement de la Parole de Foi, j'ai vu qu'il prenait sa source dans un enseignement appelé "Pensée Nouvelle", qui a lui-même abouti à la Science Chrétienne. C'est E.W. Kenyon qui a ensuite injecté ces enseignements dans le Mouvement de la Parole de Foi. En consultant les livres sur la "Pensée Nouvelle", j'ai vu à quel point ils étaient proches des enseignements de la Parole de Foi ! J'ai consulté aussi les livres de Kenyon, et je peux vous assurer que Kenneth Hagin a pratiquement copié mot pour mot près de 75 % des enseignements de Kenyon ! Il a carrément copié ces livres pour les publier sous son propre nom !

J'ai publié tout cela sur mon site pour que vous puissiez vous en rendre compte par vous-mêmes. Je n'en reparlerai donc pas ici. Mais je conclurai simplement mon témoignage par une exhortation à ne surtout pas absorber tout ce que l'on vous sert, ni à croire tout ce que l'on vous dit !

Il y en a qui veulent attirer votre âme dans le mensonge et l'emprisonner. Vous avez donc besoin d'ouvrir vos yeux spirituels aux vérités bibliques, et demander à Dieu qu'Il vous libère d'enseignements comme ceux de la Parole de Foi. Vous serez affranchi des erreurs répandues par ces mouvements, pour ne conserver que les purs enseignements de l'Ecriture.

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