blog chrétien
La nouvelle création et la nouvelle vie.
Considérons encore comment les Israélites traversèrent le Jourdain. Ils n’avaient aucun pont ! Impossible ! ont peut-être dit quelques-uns d’entre eux, alors qu’ils se tenaient sur la berge ! Et maintenant encore, les gens disent : "Impossible ! Ce n’est sûrement pas par un simple acte de foi dans la mort de Christ que vous pourrez pénétrer dans la sphère céleste, dans la vie de l’Esprit". Mais oui, c’est ainsi que nous y pénétrons ! Il n’y a aucun moyen naturel, aucun pont que la vision humaine puisse apercevoir, mais seulement un acte de foi qui nous fait choisir de descendre dans le tombeau de Christ, en nous identifiant à Lui. Le fait de faire sienne la mort de notre Sauveur, joint à l’action du Saint Esprit (Colossiens 2:12), fait descendre l’enfant de Dieu dans le tombeau, de même que les pierres furent immergées au fond même du Jourdain. De là l’Esprit de Dieu conduit le Chrétien à marcher dans une vie nouvelle, après lui avoir communiqué la puissance de résurrection et de vie qui est en Christ.
La vie nouvelle prend naissance dans le fond des eaux de la destruction et de la mort. Telle fut l’expérience d’Israël qui, comme une nation engendrée à une nouvelle existence, commença, dés sa sortie du fleuve, la conquête de son héritage. La vie en christ a le même point de départ et elle est soumise aux mêmes conditions : l’héritage ne nous est acquis que par la lutte contre les puissances adverses, par les souffrances et le triomphe qui en résultent. Tout ce qui, pour les Israélites, faisait partie de leur nouvelle existence, avait débuté là, expérience symbolisée par les douze pierres sorties du Jourdain et dressées dans ce pays nouveau où ils entraient. Et notre expérience personnelle dépend du même symbole. Nous devenons participants d’une nouvelle vie dès le moment où nous nous regardons nous-mêmes non seulement comme "morts au péché" mais comme "vivants pour Dieu" (Romains 6:6, 10-11). Identifiés par la croix avec Christ dans Sa mort, nous entrons aussi dans l’unité avec Lui dans Sa vie, et nous pénétrons dans la sphère où nous rencontrons l’ennemi, où la guerre offensive nous attend, où nous aurons à marcher toujours en avant jusqu’à ce que nous ayons conquis le pays, et que nous ayons chassé l’ennemi de tous les recoins de son territoire. Tel est le côté positif de notre identification avec Christ : "vivants pour Dieu", car son côté négatif, "avoir rompu avec le passé et se regarder comme morts au péché", doit avoir comme suite la "vie pour Dieu", qui seule nous rend capable de persévérer et de Le servir dignement.
Le couteau tranchant de Guilgal.
Mais l’histoire d’Israël nous conduit plus loin. Nous arrivons au moment où nous devons réellement expérimenter notre communion dans la mort de Christ. Après que, par la foi et l ‘obéissance, les Israélites eurent traversé le Jourdain, ils durent subir l’expérience du couteau pénétrant dans leur chair. A Guilgal, le peuple fut circoncis, et il leur fallut attendre quelques jours avant de partir en guerre, jours pendant lesquels la pierre tranchante fit son œuvre (Josué 5 :2-3). Cette expérience précéda l’apparition de l’Homme avec son glaive à la main, qui se présenta à Josué devant Jéricho. Cette partie suggestive du récit biblique se rapporte à une phase précise de la vie spirituelle. Il serait funeste à l’enfant de Dieu d’entrer en guerre avec Satan et avec les adversaires de l’Eglise de Christ en s’appuyant simplement sur le fait qu’il est mort avec Christ, à moins qu’il ne permette au Saint-Esprit d’user envers lui de la pierre tranchante et d’opérer une séparation absolue entre lui-même et le péché, la chair et le monde. Ce qui revient à dire que la Croix est une puissance de séparation qui doit être appliquée à notre vie en toute réalité. Cet épisode de l’histoire d’Israël en donne une frappante illustration.
Après avoir pris par la foi votre position, qui consiste à avoir été enseveli dans les eaux du Jourdain, il vous faut être prêt à laisser le Saint-Esprit employer le couteau et retrancher tout ce qui peut encore dominer votre vie, en ce qui appartient à la chair. L’Esprit Saint accomplira alors en vous ce que Paul appelle "la circoncision du cœur", qui est la véritable circoncision selon Dieu.
Le passage de Galates 5:24 met aussi en lumière cette expérience. "Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs". Telle est judiciairement la position de tous les enfants de Dieu, mais ils doivent la vivre aussi expérimentalement. Car, dans cette guerre spirituelle, à moins que le "couteau" ne soit appliqué à tout ce que les Ecritures désignent sous le nom de "chair", cela restera toujours un terrain sur lequel l’ennemi nous attaquera et par lequel nous serons affaiblis dans le combat. La "chair" doit être maintenue sous la lame du glaive tranchant de la Croix, car si nous tolérons dans notre vie de l’indulgence pour nous-mêmes ou quoique ce soit de douteux, et que néanmoins nous essayions de prendre l’offensive contre l’adversaire, il se retournera contre nous et, prenant avantage de ce terrain qui a échappé à la Croix, il nous accablera avec une puissance effrayante.
(Note : Weymouth a fait une étude, à propos de Romains 7:18, qui jette la lumière sur l’emploi du mot "chair" dans l’Ecriture. Il dit que ce mot ne désigne pas seulement le corps, mais aussi l’âme, l’entendement, dans la mesure où y sont compris les sentiments, les pensées, les affections, les ambitions, et les appétits purement humains. L’Apôtre donne le nom de "chair" à la totalité de la nature humaine, aussi longtemps surtout qu’elle demeure pécheresse, c'est-à-dire qu’elle persiste dans sa rébellion contre la vie supérieure que Dieu lui a donnée pour la dominer. De sorte qu’à ce point de vue, la haine, l’envie, la colère, les paroles méchantes, les ambitions mondaines, l’orgueil, l’égoïsme, la propre justice, la volonté propre, les pensées d’incrédulité et de rébellion contre Dieu, la paresse, le manque de prière, le manque de courage, et de loyauté, toutes les affections domestiques ou sociales exagérées, tout faux patriotisme, toute curiosité malsaine, et toute recherche indue de connaissance, ne sont que des manifestations de la chair ou de la nature humaine pécheresse, tout autant que ne le sont les fautes plus grossières et repoussantes).