blog chrétien
Jeudi, le 26 novembre 2009 – Quand vous n'obtenez pas ce que vous voulez (3)
« Croissez dans la grâce... » 2 Pierre 3.18
Parfois faire preuve de grâce dans la victoire peut être plus difficile que perdre avec bonne humeur. Lorsque nous l'emportons sur les autres, nous avons souvent
tendance à nous montrer arrogants, insensibles à leurs sentiments, enclins à ressasser notre succès au point d'en lasser tous nos interlocuteurs. Faire preuve de grâce dans la victoire indique
que nous savons aussi ce que signifie échouer et que nous avons éprouvé auparavant la douleur cuisante de l'échec. Cela signifie aussi que nous œuvrons pour une cause bien plus grande que nos
victoires ou nos défaites.
Abraham Lincoln était assez sage pour placer le bien de sa patrie au-dessus de sa propre personne, au point de nommer son pire ennemi politique, Edwin Stanton, à un poste principal du ministère
de la guerre. Stanton, un avocat à l'esprit particulièrement brillant, pouvait aussi se montrer acerbe et condescendant envers ses adversaire. Frederick Douglass a dit de lui : « La politesse ne
faisait pas partie de ses faiblesses ! » Lincoln, au contraire, souffrait de son apparence physique et de sa piètre éducation. Au cours d'une campagne politique, alors que quelqu'un l'accusait
d'être un hypocrite, d'avoir deux visages très différents l'un de l'autre, il répondit : « Si vraiment j'avais deux visages, croyez-vous que je continuerais à porter celui que vous voyez en ce
moment ? » Stanton, qui faisait partie de l'équipe dirigeante du parti opposé à celui de Lincoln, insulta publiquement ce dernier au cours d'une campagne, l'appelant « gorille de la plus
primitive espèce » ! Pourtant, pendant la guerre de Sécession, Lincoln traita Stanton de manière exemplaire. Il lui accorda sa confiance, accepta ses conseils, se confia à lui à maintes occasions
et s'appuya sur son expérience. Stanton, en retour, fit preuve d'une absolue loyauté et amitié envers le président. Le matin du 14 avril 1865, lorsque mourut Lincoln, blessé grièvement le soir
précédent à l'entrée du théâtre Ford, Edwin Stanton, accouru au chevet de son ami, s'écria « II appartient désormais à l'Histoire ». Robert Lincoln, le fils d'Abraham, raconta que Stanton lui
rendit visite chaque jour pendant les deux semaines qui suivirent l'assassinat du président. « Il s'asseyait pendant au moins dix minutes devant moi, silencieux, les yeux emplis de larmes... »
Faites preuve de grâce et de bonté et vous verrez vite les résultats !
Bob Gass