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Des âmes pour l'Agneau
A mesure que Zinzendorf croissait dans sa passion pour Jésus, sa passion pour les perdus s'intensifiait également. Il se détermina à évangéliser le monde avec une poignée de saints, équipés seulement d'un amour brûlant pour Jésus et de la puissance de la prière. La Fraternité Morave reçut et perpétua immédiatement la passion de son responsable. Un sceau fut conçu pour exprimer leur zèle missionnaire qu'ils venaient de découvrir. Le sceau était composé d'un agneau sur une terre rouge cramoisi, de la croix de la résurrection et d'une bannière de triomphe avec l'inscription : "Notre Agneau a vaincu, suivons-Le." Les Moraves se reconnaissaient eux-mêmes comme redevables vis-à-vis du monde pour lui apporter l'Evangile dont ils se considéraient les administrateurs. On leur enseigna à embrasser un mode de vie centré sur le renoncement à soi, le sacrifice et l'obéissance immédiate. Ils répondirent à l'appel de l'Agneau d'aller partout, particulièrement dans les endroits les plus durs et les pires, qu'ils considéraient prioritaires. Comme pionniers, ils furent plus audacieux qu'aucun autre soldat de la croix ; il n'y a jamais eu d'hommes plus patients ou persévérants dans les difficultés, ou plus héroïques dans la souffrance, ou plus entièrement consacrés à Christ et aux âmes humaines que ne le furent les hommes de la Fraternité Morave.
Les Moraves expliquent admirablement leur motivation pour les missions dans le compte-rendu évangélique suivant datant de 1791: " La raison simple qu'ont les frères d'envoyer des missionnaires dans les nations éloignées, était et est l'ardent désir de promouvoir le salut à leurs semblables, en leur faisant connaître l'Evangile de notre Sauveur Jésus-Christ. Ils sont affligés de savoir que tant de représentants de la race humaine, par milliers, par millions, sont assis dans les ténèbres et gémissent sous le joug du péché et sous la tyrannie de Satan. Et, se rappelant les glorieuses promesses données dans la Parole de Dieu, en vertu desquelles les païens aussi seraient au bénéfice des souffrances et de la mort de Jésus ; et considérant Ses commandements à Ses disciples d'aller dans le monde entier pour prêcher la Bonne Nouvelle à toute la création, ils étaient remplis d'un confiant espoir que s'ils allaient dans l'obéissance et la foi dans Sa Parole, leur travail ne serait pas vain dans le Seigneur. Ils n'étaient pas effrayés devant la pensée de la petitesse de leurs moyens et de leurs capacités, ni même devant le fait qu'ils connaissaient à peine la façon dont ils allaient atteindre les païens après le salut desquels ils avaient si ardemment soupirés, ni par la perspective des privations de toutes sortes à endurer et même sans doute par la perte de leurs propres vies dans cette entreprise. Mais bien plutôt, l'amour pour leur Sauveur et pour leurs semblables pécheurs pour lesquels Il versa Son sang pesait beaucoup plus lourd que toutes ces considérations. Ils allèrent de l'avant avec la force de leur Dieu et Il accomplit des merveilles par leur intermédiaire. "
Les Moraves avaient appris que le secret pour aimer les âmes humaines résidait dans l'amour pour le Sauveur des hommes. Le 8 octobre 1732, un bâteau hollandais quitta le port de Copenhague pour les Indes de l'Ouest hollandaises. A bord se trouvaient les deux premiers missionnaires moraves, John Leonard Dober, un potier, et David Nitschman, un charpentier. Tous deux étaient des prédicateurs talentueux, prêts à se vendre eux-mêmes comme esclaves pour atteindre les esclaves des Indes de l'Ouest. Alors que le bateau s'éloignait, ils élevèrent la voix en lançant ce cri qui devait devenir un jour la prière de ralliement de tous les missionnaires moraves : " Que l'Agneau qui a été immolé reçoive la récompense de Sa souffrance. " Rien ne put surpasser la passion que les Moraves avaient pour les âmes si ce n'est leur passion pour l'Agneau de Dieu, Jésus-Christ.