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MISSION ET REVEIL (Par mon Esprit) (6)

"Au bout d'un mois, dit M. Swollen, un frère proposa de cesser ces réunions; car disait-il, voilà un mois que nous prions et rien ne change. Nous y passons beaucoup de temps, et sans résultat. Continuons notre travail, et prions chacun chez nous, à l'heure la plus commode".

Cette proposition semblait logique. Cependant la majorité décida qu'au lieu d'arrêter les prières, nous devions au contraire les prolonger. Nous fixâmes alors l'heure de notre rencontre à 4 heures au lieu de midi, pour pouvoir prier, s'il le fallait, jusqu'au souper. Nous persévérâmes jusqu'à ce que, après des mois d'attente, l'exaucement vint".

Ces missionnaires de Pingyang étaient, autant que je m'en souviens, des gens moyens, comme vous et moi. Aucun d'eux n'était doué remarquablement. Ils vivaient, travaillaient, agissaient comme les autres missionnaires. Mais dans la prière ils étaient différents. Un soir, le docteur Mac Kay et moi, fûmes invités à la réunion missionnaire de prière. Je n'avais jamais été si conscient de la présence divine que ce soir-là.

Ces missionnaires nous portaient jusqu'au trône même de Dieu. On avait le sentiment qu'ils parlaient à Dieu face à face. En revenant chez nous, le docteur Mac Kay resta silencieux un long moment. Je pouvais voir qu'il était très remué. Enfin, avec une profonde émotion, il me dit : "Quelle prière stupéfiante! Vous autres, dans le Honan, vous êtes loin d'atteindre un niveau pareil".

Ce qui me frappa aussi, ce fut la nature pratique du mouvement. Ce n'était pas une rafale d'enthousiasme religieux disparaissant avec le vent qui l'a apportée, bien qu'il y eût naturellement, les manifestations extérieures qui accompagnent inévitablement des effusions aussi phénoménales de puissance spirituelle.

Un fait patent, c'est qu'il y avait là des dizaines de milliers d'hommes et de femmes dont la vie avait été radicalement transformée par le feu divin. Je vis de grandes églises contenant 1500 personnes, si combles qu'il fallut organiser deux réunions; une pour les femmes et une pour les hommes. Tous étaient presque tragiquement désireux de répandre "la bonne nouvelle". Même des petits garçons abordaient dans la rue des grandes personnes pour les supplier d'accepter Jésus pour Sauveur. Je remarquai encore une chose: c'était leur extraordinaire générosité. La pauvreté des Coréens est proverbiale. Cependant un missionnaire me dit qu'il avait peur de mentionner devant ses fidèles un besoin quelconque, car ils donnaient tant! Partout existait un véritable culte pour la Parole de Dieu. Chacun portait sa Bible avec lui, et le merveilleux esprit de prière pénétrait tout.

Pour retourner à Honan, le docteur Mac Kay et moi passâmes par la Mandchourie. Puisque Dieu ne fait pas acception de personnes, j'étais sûr qu'il était prêt à bénir la Chine comme Il avait béni la Corée. A Moukden, je racontai, un dimanche matin, à un vaste auditoire, l'histoire du Réveil coréen. Tous semblaient profondément émus, et l'on me demanda de revenir en février de l'année suivante pour tenir une série de réunions pendant une semaine. A Liaoyang, mon récit fut accueilli de la même façon, et l'on me fit la même requête. Continuant vers le Sud, nous arrivâmes à Peitaiho ; cette fois je racontai mes expériences à un groupe important de missionnaires. Une impression profonde fut produite. Plusieurs missionnaires résolurent de se réunir à des heures fixes pour prier jusqu'à ce que Dieu envoyât à la Chine un Réveil comme celui de la Corée.

En arrivant à Changthfu, une lettre des missionnaires de Kikungshan m'attendait. Ils me demandaient avec instance d'aller leur parler de ce que j'avais vu. Je le fis le dimanche soir suivant. Je remarquai que j'avais considérablement dépassé le temps si généreusement mis à ma disposition. Craignant de finir trop tard, je supprimai le dernier cantique et prononçai la bénédiction finale. A ma grande surprise, pendant au moins six minutes, personne ne bougea. Un silence de mort régnait dans la salle. Graduellement, des sanglots étouffés se firent entendre. Des missionnaires se levèrent, et en versant d'abondantes larmes, confessèrent leurs fautes les uns aux autres. Nous ne nous séparâmes qu'à une heure très tardive.

Nous avions préparé pour la semaine suivante une conférence avec un programme très intéressant. Mais quand les missionnaires se rencontrèrent le lundi matin, ils décidèrent de mettre ce programme de côté et de continuer à prier et à suivre les impulsions du Saint-Esprit.

Je n'ai jamais passé avec nos frères missionnaires en Chine, des jours plus merveilleux. Avant de nous séparer pour rejoindre nos champs d'activité situés dans toutes les parties de la Chine, nous décidâmes que chaque jour, à quatre heures de l'après-midi, nous serions tous en prière, jusqu'à ce que la bénédiction divine tombât sur l'Eglise chinoise.

 

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